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lundi, 22 février 2016

La classe politique allemande s'indigne après des incidents anti-réfugiés

 

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Deux incidents visant des migrants sont survenus la semaine dernière dans la région de Dresde, provoquant l'effroi d'une partie des politiques allemands. Dernier en date : l'incendie samedi soir d'un futur foyer pour demandeurs d'asile devant des badauds manifestement ravis.

Des manifestants qui empêchent les réfugiés d'accéder à leur foyer, dans la région de Dresde, en Allemagne, leur adressant des violents «rentrez chez vous!». D'autres qui semblent se réjouir de l'incendie d'un futur foyer pour demandeurs d'asile. En moins d'une semaine, deux incidents anti-migrants ont frappé la Saxe, provoquant l'indignation de la classe politique, notamment parmi les membres de la coalition gouvernementale alliant les conservateurs et les sociaux-démocrates.

Le ministre de l'Intérieur, Thomas de Maizière a ainsi déclaré qu'il était totalement «inacceptable que des gens venus chercher une protection contre les persécutions soient accuellis par la haine». Sur Twitter, plusieurs de ses collègues du gouvernement ont également exprimé leur indignation. Le ministre de la Justice, Heiko Maas, a écrit sur le réseau social: «Ceux qui applaudissent pendant que des maisons brûlent , ceux qui effraient les réfugiés, se comportent de façon atroce et répugnante».

«Les racistes sont une honte pour notre pays. Honte à vous», a renchérit Michael Roth, le secrétaire d'État aux Affaires européennes.

«Quelque chose ne va pas en Saxe»

Aydan Özoguz, chargée des questions d'intégration au gouvernement, a plus largement indiqué que «quelque chose *n'allait* pas en Saxe». Dans ce länder où l'extrême-droite fait de très bons scores, des milliers d'actes contre les réfufiés ont été enregistrés. Dresde, la capitale de la Saxe, est aussi le berceau de Pegida, un mouvement islamophobe et anti-réfugiés, né en 2014.

Ainsi, l'incendie de samedi soir, qui s'est déclaré dans un futur foyer de réfugiés, semble être un nouvel acte contre les migrants à rajouter à la longue liste dans la région. Au moment du drame, entre vingt et trente curieux manifestaient devant le bâtiment une joie «non dissimulée», selon la police. D'autres ont même lancé des propos dédaigneux envers les migrants. Si les dégâts sont importants, il n'y a eu aucune victime. Parmi les badauds, plusieurs étaient visiblement alcoolisés, et trois d'entre-eux ont même tenté de gêner l'intervention des pompiers. Deux autres jeunes ont été interpellés pour s'être opposés aux forces de l'ordre.

Cet incendie, dont l'origine est probablement criminelle - aux vues des traces de produit accélérant la combustion qui ont été retrouvé - intervient deux jours après un premier incident à Clausnitz, dans le sud de Dresde. Jeudi soir, des demandeurs d'asile sont arrivés en car dans la ville pour rejoindre leur nouveau foyer. Des vidéos largement diffusées sur les réseaux sociaux ont montré un policier saisir un adolescent par le cou pour le sortir du bus sous les cris d'une centaine de manifestants hurlant à leur adresse: «Dégagez!» ou «Rentrez chez vous!»

L'attitude de la police, qualifiée de violente, avait déjà fait l'objet de vives critiques ce week-end, de la part des partis d'opposition, les Verts et la gauche radicale Die Linke. Lors d'une conférence de presse, le chef de la police locale avait quant à lui défendu ses hommes, arguant que les réfugiés avaient adressé des gestes «obscène» à l'égard des manifestants. Selon la chaîne d'information ZDF et un élu local radical de gauche, le directeur du foyer devant accueillir les réfugiés serait membre du parti populiste AfD, «Alternative pour l'Allemagne», un parti anti-immigration, qui se sert de la crise des réfugiés pour grimper dans les sondages.
 
Valentine Arama
 

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