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jeudi, 10 mars 2016

L'accord UE-Turquie ne semble pas dissuader les migrants

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Les gardes-côtes turcs ont intercepté mercredi plusieurs dizaines de migrants, essentiellement venus de Syrie, dans des criques le long de la côte de la mer Egée, signe que l'accord en gestation entre Ankara et l'Union européenne ne dissuade pas les tentatives périlleuses de traversée en bateau vers l'Europe.

Un groupe de 42 personnes, comprenant une quinzaine d'enfants, a été dirigé vers des installations des gardes-côtes dans la station balnéaire de Didim, en Asie mineure. Plusieurs dizaines d'autres candidats à la traversée attendaient sur une plage, sous l'oeil vigilant des policiers, un autocar devant les évacuer du littoral.

"Nous avons peur de rester ici, peur aussi de rester en Syrie(...). Nous tentons d'atteindre le pays qui nous acceptera. Nous voulons la sécurité, nous voulons qu'on s'occupe de nous", déclarait Samiha Abdullah, l'une des personnes regroupées près d'une plage, tandis que des bébés pleuraient ici et là.

Au large, une vedette des gardes-côtes s'est approchée de ce qui semblait être une petite embarcation transportant d'autres migrants. Certains responsables craignent une ruée vers les îles grecques avant que n'entre en vigueur l'accord UE-Turquie.

L'UE et la Turquie s'activent pour finaliser cet accord avant la tenue de leur prochain sommet les 17 et 18 mars, et, à en croire le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu, l'UE a pour une bonne part accepté les conditions d'Ankara.

Nouvelle barrière hongroise ?

Plus loin, sur la route des Balkans empruntée l'an dernier par plus d'un million de demandeurs d'asile, la Macédoine a annoncé mercredi la fermeture "complète" de sa frontière aux migrants illégaux, après l'annonce par la Serbie et la Slovénie de nouvelles restrictions sur l'accès des étrangers à leur territoire.

Le ministère macédonien de l'Intérieur indique qu'aucun migrant en provenance de Grèce n'a franchi la frontière mardi.

La Hongrie prend de son côté des dispositions pour être en mesure de construire une barrière à sa frontière avec la Roumanie dans les dix jours si cela s'avère nécessaire comme elle l'a fait aux frontières avec la Croatie et la Serbie, a annoncé mercredi le ministre hongrois de l'Intérieur.

Sandor Pinter a précisé que des forces militaires et policières supplémentaires allaient être déployées aux frontières après la décision de la Slovénie, de la Croatie et de la Serbie d'imposer des restrictions dans l'accès à leur territoire.

En vertu du projet d'accord trouvé lundi lors d'un sommet extraordinaire UE-Turquie, les Turcs acceptent de reprendre tous les migrants clandestins renvoyés par l'Europe, en échange d'un surcroît d'aide financière et de la suppression rapide des visas pour les Turcs voulant se rendre en Europe, ainsi que d'une accélération des négociations sur une adhésion à l'UE.

L'objectif d'un tel accord, ont dit le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu et les dirigeants de l'UE, consiste à décourager l'immigration illégale et à en finir avec l'activité des passeurs. Le message, ont-ils dit, est simple: tentez de passer clandestinement et vous serez renvoyés aussitôt vers la Turquie.

Dasha Afanasieva et Melih Aslan

(Avec Umit Bektas et Mehmet Emim Calistan à Didim, Kole Casule à Skopje; Eric Faye pour le service français)

Source : Boursorama

 

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