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samedi, 16 avril 2016

L'Italie refuse de se faire coincer entre le conflit libyen et les murs anti-migrants

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La décision unilatérale de Vienne  (et donc très grave en matière de droit international) de procéder depuis lundi à l'aménagement de structures visant à filtrer, voire à fermer, sa frontière avec l'Italie sur le Col du Brenner suscite une vive émotion à Rome. Le gouvernement italien estime depuis le début que la crise migratoire est une crise qui ne peut être gérée qu'au niveau européen, et que laisser seuls Athènes et Rome est non seulement un acte de lâcheté et un manque de solidarité, mais aussi un calcul à courte vue. Selon les autorités italiennes, 6 000 migrants sont arrivés cette semaine. Soit plus de 25% d'augmentation par rapport à une année 2015 déjà fortement marquée par une croissance des flux migratoires.

Immigration Compact après le Fiscal Compact

Dans la presse italienne de ce vendredi, comme tous ces jours derniers, les commentaires sont nombreux. Face à ce que l'éditorialiste du quotidien IlSole24Ore appelait l'autre jour "l'Orbanisation de l'Europe", tous les journaux lancent l'alarme. La Repubblica, estime que l'UE " ne peut pas nous abandonner dans la gestion de la vague venant de Libye’’, et précise que "l’Italie est en train de préparer une lettre à l’attention de l’UE, appelée ‘’immigration compact’’ à l’instar du ‘’fiscal compact’’ imposé par l’Allemagne en 2012 en matière économique. L’Italie demandera que l’Europe accélère sur les accords avec les pays de transit et d’origine des migrants. Et un fonds aux pays de transit pour arrêter les flux de l’urgence migratoire ».

« L’Europe des Nations revient » 

Dans son éditorial, le quotidien La Stampa évoque le retour d'une Europe des Nations: «L’Autriche pourrait fermer ses frontières pour se sauver, les murs pourraient surgir pour se sauver aussi. L’été qui approche va porter une autre vague de migrants, après la fermeture de la ‘’route des Balkans’’, ils arriveront surtout en Italie. L’installation du nouveau gouvernement d’Al-Sarraj à Tripoli ouvre une possibilité de stabilisation, mais il faudra beaucoup de temps pour arriver à contrôler tout le territoire. Le Président italien Sergio Mattarella a parfaitement raison, les murs seraient le suicide de l’Europe, toutefois ses mots risquent de ne pas être pris au sérieux si les officiers ainsi que l’équipage du navire Europe ne sont pas capables de rassurer les passagers que ce bateau ne finira pas comme le Titanic. »

Soutien de Bruxelles contre Vienne

Dimitris Avramopoulos, commissaire UE pour les Affaires Intérieures, déclare dans un entretien à La Stampa.  « Nous enverrons une lettre formelle, l’Italie a notre soutien total et nous sommes prêts à renforcer Frontex sur les côtes. L’Italie et la Grèce ont été surprises par l’afflux extraordinaire de migrants, mais maintenant elles sont  fortement engagées à faire ce qu’elles ont promis. »

Source : Ouest France

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