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jeudi, 23 juin 2016

La sécurité du Royaume-Uni, l'autre enjeu du référendum sur le Brexit

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Si les pro-Brexit insistent sur l'inefficacité de l'Union européenne en matière de sécurité, les partisans du maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union assurent qu'il serait plus vulnérable s'il était isolé, selon un rapport publié par la fondation Quilliam.

À l'approche du vote sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne jeudi, la question sécuritaire reste l'un des préoccupations majeures de cette campagne: la Grande-Bretagne est-elle plus en sécurité en restant dans l'UE, comme l'affirme le premier ministre David Cameron? La fondation Quilliam, think tank britannique consacré à la lutte contre l'extrémisme islamique, publie ce mois-ci dans un rapport les témoignages de 20 experts sur la question.

Les pro-Brexit insistent notamment sur l'inefficacité de l'UE en matière de sécurité, et sur l'importance pour le pays de retrouver sa souveraineté et de reprendre le contrôle sur sa législation pour faire face à la menace terroriste. Selon eux, la Grande-Bretagne ne bénéficie pas forcément de la coopération entre les États membres, puisque ses propres services de renseignement et de sécurité sont plus performants que ceux de bien des pays d'Europe continentale. Michael Hayden, ancien directeur de la CIA, va même jusqu'à dire que «les performances inégales des services de sécurité européens menacent la sécurité de l'Angleterre».

Les partisans d'un Royaume-Uni hors de l'UE évoquent également le contrôle de l'immigration, un des principaux arguments avancés par les pro-Brexit. La publication d'une analyse de Frontex en 2016 qui signalait que les attentats de Paris «démontraient clairement que les flux migratoires irréguliers pouvaient être utilisés par les terroristes pour rentrer dans l'UE» sert leur position, selon laquelle les flux migratoires et la libre circulation des personnes en Europe pourraient permettre à des terroristes de se rendre en Angleterre et perpétrer des attaques.

Les experts dénoncent enfin l'inefficacité des mesures prises au niveau européen pour lutter contre la montée de la radicalisation et de l'extrémisme dans différents quartiers de grandes villes européennes. Ils prônent l'importance de mesures locales.

 

Isolé, le pays deviendrait plus vulnérable, selon les partisans du statu quo

 

Malgré ses faiblesses, l'Union Européenne reste un atout majeur pour la sécurité du Royaume-Uni, rétorque d'autres experts interrogés par le think tank. Les défenseurs de l'UE mettent en effet en avant l'importance de la coopération entre pays pour faire face aux menaces terroristes, transnationales et «sans frontières». Pour l'ancien directeur du GCHQ (le service de renseignements électroniques du gouvernement), Sir David Omand, «l'accès au système de partage automatique d'information est clé». De ce point de vue, la coopération via Europol (l'organisation européenne de coordination policière) et les accords d'échange d'informations sont essentiels pour permettre à la Grande-Bretagne d'identifier des menaces liées au terrorisme. Certains spécialistes rappellent que certaines législations mises en place par l'UE, comme le mandat d'arrêt européen, sont très utiles pour la sécurité du pays.

Ils le martèlent: un Brexit rendrait la coopération plus difficile. La Grande-Bretagne devrait certes parvenir à renégocier des accords et législations avec chacun des 27 États membres, mais Lord Carlile, ancien examinateur indépendant de la législation britannique contre le terrorisme, affirme qu'il ne serait pas réaliste de penser que le Royaume-Uni puisse alors maintenir le même niveau de coopération et de transparence avec les pays de l'UE, sans en faire partie.

Répondant à l'argument du camp des pro-Brexit sur l'immigration, des experts rappellent que la Grande-Bretagne ne fait pas partie de l'espace Schengen et bénéficie d'un contrôle aux frontières. Ils assurent également que le pays demeurerait une cible des groupes terroristes, indépendamment de son appartenance à l'UE. «L'État islamique verrait le Brexit comme une victoire», estime pour sa part l'ancien djihadiste Aimen Dean, qui travaille pour le MI5 et MI6 depuis qu'il a quitté al-Qaida: selon lui, les groupes terroristes percevraient le départ du Royaume-Uni comme «une première étape vers la destruction de l'Union».

Laeticia Doncieux

Source : Le Figaro

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