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lundi, 31 octobre 2016

Tout sauf Juppé !

 

 




François Fillon, pourquoi pas ? Surtout s’il a non pas un François Baroin mais un Jean-Frédéric Poisson comme Premier ministre. Mais surtout, surtout pas d’Alain Juppé.

Il reste peu de temps pour convaincre les électeurs de la primaire de rejeter Juppé. Pourtant, il leur suffirait de lire le dernier ouvrage de Philippe de Villiers pour être convaincus que le maire de Bordeaux ne mérite pas l’Élysée car il est tout à fait clair que les cloches risquent de ne plus sonner demain, ou en tout cas de sonner faux si, d’aventure, Alain Juppé devait affronter Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, et donc être élu 8e président de la Ve République, puisque les Français n’auront pas le courage de mettre le bulletin qui leur assurerait la rupture.

Avec beaucoup de rigueur et une documentation digne d’un archiviste, Philippe de Villiers nous présente le vrai visage d’Alain Juppé. Il nous rappelle ce qu’il fut, et ce qu’il est devenu, expliquant ainsi pourquoi il est à présent la coqueluche des médias, qui ont trouvé en lui l’homme qui se pliera à leurs désirs mondialiste et islamophile.

Le créateur du Puy du Fou, devenu un symbole du souverainisme, cite de nombreux faits ou déclarations de l’ancien Premier ministre. Par exemple, à propos de la Libye dont il a fortement encouragé les bombardements :
Je souhaite que le dialogue s’ouvre sans complexe aux courants islamistes… il y a des gens attachés à l’islam prêts à accepter les règles de bases de la démocratie.
Puis, après une visite au Caire en 2011 où les Frères musulmans lui ont paru « très intéressants » : « Plusieurs de ces jeunes Frères ont une vision d’un islam libéral. » En mai 2012 : 
Je suis fier de ce que nous avons fait en Libye. Car nous y avons évité un massacre comme ce qui se passe en Syrie,
oubliant que, depuis, des centaines de milliers d’Africains se sont précipités sur les côtes libyennes pour franchir la Méditerranée. Ministre des Affaires étrangères de Sarkozy, il souhaite éliminer Bachar el-Assad, dont il annonce l’imminence de la chute. Un vrai visionnaire, ce Juppé-là.
Philippe de Villiers nous rappelle ce que fut le Juppé du RPR. Celui qui trouvait des « valeurs communes avec Le Pen ». Celui du discours de Villepinte en 1990, l’antithèse de ce que le secrétaire général du RPR est devenu. Villiers cite le Juppé d’avant : 
Nous fermerons les frontières, nous suspendrons l’immigration, nous reconduirons les clandestins d’où ils sont venus et, surtout, nous réserverons les prestations sociales aux nationaux.
Mais ce n’est pas tout:
L’islam n’apparaît pas conforme à nos fondements sociaux et semble incompatible avec le droit français.
Et de conclure :
C’est à l’islam et à lui seul – je dis bien à lui seul – de s’adapter afin d’être compatible avec nos règles.
Député du 18e, Juppé enfoncera un peu plus le clou en précisant que l’intégration des populations immigrées est « un problème permanent et gigantesque »… Le 9 décembre 2009, raconte Villiers, « en plein débat sur l’identité nationale, il se dit convaincu que la France est islamo-compatible ».

En quelques phrases, nous voici confronté à un homme politique sans conviction, qui se renie, et qui se reniera encore si, par malheur, il est élu. Un homme qui est allé jusqu’à décorer de la Légion d’honneur son nouvel ami Tareq Oubrou, l’imam de Bordeaux, membre des Frères musulmans, qui voit en lui « le bouclier de l’islam ». Et de là à imaginer un « pacte avec les musulmans », il n’y avait qu’un pas que le candidat a vite franchi pour atteindre son objectif d’identité heureuse islamo-compatible.
Encore faut-il comprendre que, dans son dernier ouvrage, Philippe de Villiers ne parle de Juppé que par rapport à l’islam. Tout le reste de sa politique est un reniement de son passé.

Alors, oui, ce sera n’importe quel candidat, sauf Juppé… et Sarkozy, une autre girouette !

Floris de Bonneville

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