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mercredi, 07 décembre 2016

Vosges : solidarité très active à l’adresse des migrants

Installés depuis plusieurs semaines à Monthureux-sur-Saône, les migrants en provenance de Calais s’habituent peu à peu à leur nouvel environnement. Avec le concours de bénévoles omniprésents au quotidien.


 
 
Parmi les activités proposées aux migrants par les nombreux bénévoles, les cours de français tiennent une place de choix.  Photos Jérôme HUMBRECHT
 
Parmi les activités proposées aux migrants par les nombreux bénévoles, les cours de français tiennent une place de choix. Photos Jérôme HUMBRECHT
 
La vie, leur vie, reprend peu à peu le dessus. Si la terrible jungle de Calais hante toujours leurs nuits, les migrants qui sont arrivés le 26 octobre dernier à Monthureux-sur-Saône retrouvent peu à peu le sourire. « Tout va bien », confie dans un français parfait Abdelhafiz. Pas de démagogie dans les propos du jeune Tchadien qui a connu, lui aussi, l’enfer du Nord. Il se fait juste l’interprète de ses compagnons d’infortune qui ont trouvé, dans ce coin des Vosges, une maison digne de ce nom.

Bien sûr, avant leur venue, certains habitants n’avaient pas caché un inquiétant scepticisme. Une certaine crainte également. Pour ne pas dire plus. Après quelques semaines de vie en commun, même si la petite cinquantaine (45) de nouveaux habitants reste le plus souvent dans les locaux de l’ancienne gendarmerie, tout va bien, pour reprendre les propos d’Abdelhafiz.

« Quand ils vont partir, ça va être très dur »
 
Tout va bien (ou pas trop mal), parce qu’avec la bénédiction du maire, Raynald Magnien-Coeurdacier, tout a été mis en œuvre pour que l’intégration se déroule le mieux possible.

En sachant que sans les bénévoles, le quotidien des uns et des autres ne s’écrirait pas de la même manière. Cette solidarité active, très active même, a pris forme dès que le car transportant les migrants s’est arrêté à Monthureux.

Dans les jours qui ont suivi, le mouvement n’a fait que se renforcer et s’amplifier. Valérie Stadler, désignée référente des aidants, explique pourquoi elle s’est investie spontanément. « Il y avait tellement de tension dans le village, que j’ai voulu faire quelque chose. Et puis, j’avais un peu de temps. » Un peu qui est devenu beaucoup. Son compagnon, qui est médecin, s’occupe, en compagnie d’un confrère, de la partie médicale. « On se prend vite au jeu », ajoute Valérie, « Valou » pour les migrants. Abdelhafiz confirme. « Elle est toujours là, même le dimanche. » D’autres sont arrivés en renfort. « On est une quarantaine, des jeunes et des moins jeunes, qui vient de Monthureux mais aussi de Remiremont, de Vittel. Les gens dont nous nous occupons ne demandent jamais l’impossible. »

Celles et ceux qui ont décidé de donner du temps aux migrants le font avec une spontanéité qui force le respect. Jacques, professeur à la retraite, donne des cours de français à des jeunes soucieux de rapidement parler notre langue ; pas loin de Jacques, Jean explique les secrets de la vannerie. Stéphane, Lydie, Christelle, pour ne citer qu’eux, donnent des cours de tai chi ou d’aïkido.

Affluence de dons

 

Sans oublier ceux qui emmènent leurs protégés faire des courses ou qui les assistent dans leurs démarches. Bref, du matin au soir, dès qu’Emilie, l’assistante sociale, a fait l’appel, ils prennent le relais. Et ça dure toute la journée. Si elle met en priorité l’investissement des bénévoles, Valérie Stadler n’oublie pas, non plus, de souligner le rôle des donateurs. « En arrivant ici, les migrants n’avaient rien ou pas grand-chose. J’en ai vu arriver avec un seul slip. Et ce n’est pas le kit de toilettes qui leur a été distribué qui pouvait changer quelque chose. Heureusement, on a reçu beaucoup de nourritures, beaucoup de produits d’hygiène, mais aussi des vêtements. »
Des habitants ont aussi apporté leur concours. En se rendant tout simplement à la gendarmerie. « On parle avec eux en français, en anglais ; on se débrouille », confie Amira. Valérie écoute tout ça avec beaucoup d’attention avant de confier : « Quand ils vont partir, ça va être très dur. »

Textes : Claude GIRARDET
 
Abdelhafiz, migrant arrivé à Neufchâteau en octobre dernier  On n’a pas l’argent pour faire venir ...
Photo J.H.
 
Abdelhafiz, migrant arrivé à Neufchâteau en octobre dernier
On n’a pas l’argent pour faire venir une femme de ménage
50C’est le nombre de migrants qui ont trouvé refuge à Monthureux-sur-Saône. Cinq ont quitté les Vosges peu après leur arrivée. Mais cinq autres sont arrivés il y a une dizaine de jours.
 

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