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lundi, 29 février 2016

Toutes les communes genevoises balayent l'initiative UDC

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Contrairement au scrutin de 2010 où cinq communes avaient dit oui, le rejet du renvoi des criminels étrangers est général à Genève.

Genève a refusé dimanche à 64,54% l’initiative de l’UDC dite loi d’application «Pour le renvoi des étrangers criminels». Un rejet aussi net n’était pas forcément évident, puisque la première initiative sur le même thème n’avait été repoussée, le 28 novembre 2010, «que» par 55,73% des Genevois. Cinq communes l’avaient même acceptée. Il s’agissait de Meyrin, d’Onex, de Vernier, de Jussy et d’Aire-la-Ville.

Rien de tel cette fois, et François Longchamp , le président du Conseil d’Etat, se félicitait dimanche «de ce rejet très massif puisqu’il se situe huit points au-dessus du résultat de 2010». Selon lui, ce non sec est à rapprocher de celui de Genève le 9 février sur l’initiative «Contre l’immigration de masse» (60,9% de non). Villes et campagne unies

Contrairement à ce qui arrive fréquemment, les petites et grandes communes n’ont pas voté très différemment. Le non est un peu plus large en Ville de Genève qu’ailleurs (66,89%), mais pour le reste du canton, globalement, il n’y a pas de gros écarts.

Dans le détail, c’est à Meyrin que l’initiative fait malgré tout son meilleur score avec 43,3% de voix favorables. Onex n’est pas très loin avec 42,76% de oui. C’est toutefois dans l’arrondissement des Avanchets, à Vernier, que les partisans de l’UDC sont proportionnellement les plus nombreux: 45,83% des votants. Pour la petite histoire, c’est à Troinex que le taux de refus est le plus fort: 72,36%

Zurich mieux que Genève

En comparaison intercantonale, le résultat genevois place le canton dans le peloton de tête des opposants à l’initiative. Bâle-Ville est premier avec 70,2% de non, devant Vaud et Neuchâtel. Beaucoup plus étonnant, Zurich fait mieux que Genève avec 65% de refus. En 2010, ce canton avait accepté d’un cheveu la première initiative (50,77%).

A l’heure où les résultats tombaient dimanche après-midi, la réaction était au soulagement, mais le sujet était peu commenté. Quasi absents, les représentants UDC n’étaient pas là pour expliquer leur déconvenue.

Satisfecit et mises en garde

Tous les partis, à l’exception de l’UDC et du MCG, étaient opposés au texte proposé. Tous se sont donc félicités du large rejet enregistré. Les bémols sont venus de la société civile. Ainsi, la Coordination genevoise contre l’exclusion et la xénophobie définit le résultat comme «une victoire à l’arrière-goût amer». Car Stopexclusion ne peut être satisfait de la loi d’application adoptée par le Parlement fédéral.

«Cette nouvelle législation est le signe que la Suisse dérive, sous l’effet d’un courant populiste et xénophobe qui traverse toute l’Europe, écrit l’association. Nous rappelons ici que les dispositions de la première initiative sur le renvoi introduisent dans notre Constitution un principe de discrimination entre nationaux et étrangers.»

De son côté, la section suisse d’Amnesty International décèle un espoir dans le refus de l’initiative, mais elle demande de poursuivre l’effort. Elle appelle tous les acteurs de la société «à inclure sans tarder dans leurs activités l’éducation aux droits humains et la sensibilisation aux libertés fondamentales».

Eric Budry

Tribune de Genève

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