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mardi, 19 juillet 2016

Alors, qui était ce terroriste ?

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Le tueur de Nice, désormais formellement identifié, n’était ni un Français « commevousetmoi », ni un Français d’origine tunisienne, ni un Franco-Tunisien. Mohammed Lahouaiej Boulhel était un Tunisien âgé de 31 ans, qui vivait en France depuis 2008, détenteur d’un permis de séjour obtenu grâce à son mariage avec sa cousine, une Franco-Tunisienne installée à Nice. Empli de gratitude envers son pays d’accueil, il vient d’ôter la vie à quatre-vingt-quatre innocents.

Ce tueur au camion, un paumé de banlieue, en difficulté économique et sociale ? Un travailleur chauffeur livreur, avec un toit au-dessus de la tête.

Ce tueur implacable, un gars gentil comme tout et bien élevé ? Ses anciens voisins décrivent un type « solitaire » , « silencieux », un « taciturne » au « regard intrigant ». Refusant de serrer la main de sa voisine.

Un individu fiché S ? Non, mais bien connu des services de police, condamné en mars 2016 pour violences, qui se promenait pourtant libre comme l’air. En outre, fiché S ou non, nous ne sachons pas que cette indication ait jamais empêché de commettre des attentats.

Ce tueur, un « type ultra mal dans sa peau qui n’arrivait pas à se trouver », larmoyait Alain Marschall sur BFM TV, qui ne voyait « pas du tout Daech là-dedans » ? Raté ! Dix minutes plus tard, ce dernier revendiquait l’attentat.

Un tueur, donc, dont le passé pénal n’annonçait « en rien les actes dont il est aujourd’hui accusé », pour le garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, au micro de RTL. La preuve : « Il n’a jamais fait de prison, jamais ! » Après tout, Mohammed Lahouaiej Boulhel n’était, somme toute, qu’un « petit criminel de droit commun, avec un petit casier », le défendait son avocat, Me Delobel. Pas un enfant de chœur mais presque, en somme…

Un tueur, de surcroît, qui n’avait rien, mais rien de religieux. Pas de barbe, grand buveur, jamais à la mosquée. Mais c’est le parfait soldat de Daech, apte à se fondre dans la masse, sans aucun signe extérieur distinctif ! D’où la perplexité d’un Bernard Cazeneuve, candide, pour qui cet individu « semble s’être radicalisé rapidement ». L’auteur du carnage de Nice n’aurait donc, les vingt-trois premières années de sa vie, subi aucune influence.

Pas même celle d’avoir un père leader local du parti islamiste Ennahda, connu à M’saken (sa ville d’origine), père réputé pour son extrémisme violent ? C’est ce que révèlent tunisie-secret.com et Swissinfo.ch à partir de sources policières et sécuritaires de Tunis. Certains autres, dans son proche entourage familial, ont même été condamnés sous le régime de Ben Ali. Le petit Mohammed semble loin d’avoir baigné dans la religion d’amour, de tolérance et de paix dont on nous rebat les oreilles ! Ce qui exclut de facto la thèse d’une radicalisation improvisée. Et, pour couronner le tout, toujours selon Nebil Ben Yahmed, blogueur tunisien, sa belle-famille ne serait pas en reste.

Une radicalisation tellement rapide, en effet, qu’elle a permis au terroriste, quelques jours avant de commettre son massacre, de faire remettre à ses parents, de manière illégale, un colis via des amis contenant 100.000 euros ! C’est ce que vient de révéler son frère au Daily Mail (qui parle de 84.000 livres sterling), information relayée samedi par le très prudent Progrès de Lyon. Une somme – substantielle, cette fois, comparée à toutes les autres reçues, a-t-il précisé – en remerciement pour services rendus à l’organisation terroriste ? À moins que l’on ne nous apprenne qu’il s’agit de ses économies, qui sait ?

Récapitulons : d’un côté, un étranger entré légalement dans notre pays, professionnellement et économiquement intégré ; d’un autre côté, un étranger bien connu pour vol, violences conjugales, détention illégale d’armes, « pas du tout respectueux des policiers ou de la justice », avouait son avocat. Questions : que fichait-il toujours dans notre pays ? Surtout : combien de ces Mohammed, chez nous ? Aujourd’hui, demain ?

Caroline Artus

Source : Boulevard Voltaire

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