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lundi, 25 juillet 2016

Les uns célèbrent notre retenue, les autres fustigent notre ressentiment

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« Un homme incapable de se défendre ou de se venger manque de l’une des plus essentielles composantes qui constitue le caractère d’un homme. » L’auteur de cette phrase n’est pas un héraut de l’extrême droite, mais le père du libéralisme économique : Adam Smith. Si, comme Montesquieu, il est un partisan du « doux commerce », facteur de paix entre les nations, il redoute l’amollissement consécutif à la modernité.

Deux siècles plus tard, dans l’émission « C dans l’air du 20 juillet, le géopoliticien Gérard Chaliand vante la « retenue » des Français : partout ailleurs qu’en Occident, la majorité attaquée aurait, dans l’heure, pogromisé la minorité hostile.

Or, la retenue, c’est de contenir sa pulsion de mort. Et de pulsion de mort, les Européens n’en ont plus guère. Il suffit de lire un des exemples prisés par nos médias, censé illustrer la « montée de la haine » à Nice : les rares Niçois qui ne fassent pas « preuve de retenue » viennent déposer des ordures à l’endroit où le djihadiste a été abattu.

Dans Généalogie de la morale, Nietzsche démasque le mensonge des agneaux, qui travestissent leur faiblesse en vertu. Les Français ne sont pas ces oiseaux de proie qui, en bons chrétiens, se retiennent de fondre sur leurs ennemis ; ils sont, pour l’essentiel, des agneaux dépourvus de tout instinct prédateur. Ne transformons pas notre impuissance en vertu, notre lâcheté en acte de mérite.

Mais pour nos médias, la riposte par dépôt d’ordures est disproportionnée : un « autel à la haine », selon le magazine Marianne ; un « autel de la honte et de la haine », selon Nice-Matin. Car c’est pour les simples Niçois, rescapés de la tuerie, que la caste des journalistes réserve ses traits les plus acérés. Un correspondant au Washington Post affirme que c’est la première fois qu’il observe une telle colère après un attentat. Rien de comparable, en effet, avec la patrie de Gandhi où, en février 2002, ce sont près de 2.000 musulmans qui ont été massacrés, suite à l’incendie (accidentel ou criminel) d’un train de pèlerins hindous (59 morts).

Reste que pour Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’IFOP, « les pires ressentiments, mis un peu de côté depuis la tragédie de Paris, remontent à la surface ». Bien sûr, ces ordures qui s’entassent sont l’expression d’un ressentiment et non pas de sentiments nobles. Mais il y a ici moins d’hypocrisie, de bassesse et de veulerie que dans les complaintes journalistiques priant de « comprendre la misère » qui a poussé des « gueules d’anges » (la description de Mohammed Merah par des journalistes) à devenir des meurtriers.

Idéalement, c’est une « guerre sans haine » que nous devrions mener, pour reprendre le titre du journal de guerre du maréchal Erwin Rommel, exécuté par les nazis. Mais la guerre dans la haine sera toujours préférable à la soumission dans l’amour ; surtout quand cet amour n’est que le cache-sexe de la couardise.

Reste que certaines manifestations de haine doivent être combattues, car aussi lâches que contre-productives. À l’instar de ces Français s’en prenant à une femme musulmane venue assister à la minute de silence sur la promenade des Anglais. Dans cette conflagration qui vient, il est urgent de tendre la main aux nombreux Français musulmans qui manifestent un attachement patriotique. Et pas seulement pour des raisons tactiques ; il en va de notre honneur et du respect de notre tradition assimilationniste.

Romain d’Aspremont

Source : Boulevard Voltaire



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