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mercredi, 02 novembre 2016

Bras de fer Renzi/Orbán sur la question migratoire

 

 






Le ton est monté haut ces derniers jours entre le président du Conseil italien Matteo Renzi et le Premier ministre hongrois Viktor Orbán. Allumant la mèche, le premier a déclaré lors d’une entrevue télévisée que l’Italie était prête à mettre son veto sur le budget communautaire si les pays de l’Est n’accueillaient pas plus de migrants, ajoutant :
Nous donnons 20 milliards [à l’Union européenne] et nous en recevons 12. La Hongrie ou la Slovaquie nous font la morale sur nos comptes mais ne nous aident pas avec les migrants.
Pour Péter Szijjártó, ministre des Affaires étrangères hongrois, Renzi « ne comprend pas la situation ». Selon lui,
si l’Italie respectait mieux les normes et les règles communes, la pression de l’immigration sur l’Union européenne serait moindre.
Tweet sentencieux de son homologue italien, Paolo Gentiloni :
Avec des murs et un référendum, la Hongrie viole sciemment les règles européennes sur les migrations. Évitez au moins de donner des leçons à l’Italie.
Un jugement qui démontre, cependant, l’ignorance de la classe politique occidentale puisque le prétendu « mur de la honte » n’est rien d’autre qu’une application de la réglementation européenne pour la protection des frontières extérieures de l’espace Schengen, et qu’à ce titre, il a été financé en grande partie par Bruxelles !
La querelle ne s’arrête pas là et, cette fois, c’est Viktor Orbán qui qualifiera Matteo Renzi de « nerveux » face à la situation de son pays dont le « déficit augmente, pendant qu’arrivent massivement les migrants avec leurs frais énormes », jugeant « inadmissible » que celui-ci ait osé définir le pays magyar « non solidaire » en matière d’immigration, rappelant les chiffres colossaux qu’il dépense pour la défense des frontières et, donc, « la sécurité des autres pays », et menaçant à son tour d’imposer son veto sur les quotas de migrants.

Rappelons qu’en 2015, la Hongrie était en pole position de la répartition des demandeurs d’asile par nombre d’habitants, recevant 1.770 migrants pour 100.000 habitants, chiffre qui dépasse de loin des pays comme la France et l’Allemagne (respectivement 110 et 549 pour 100.000 habitants).

Réponse sèche du Premier ministre italien : « Il est facile de faire les beaux quand on encaisse les bénéfices. » Il osera même nier en bloc la détérioration économique de son gouvernement : « Il n’est pas vrai que le déficit augmente, que l’Italie soit en difficulté ou qu’il y ait de la nervosité »… cependant que des préfectures ne trouvent plus l’argent pour payer les organismes de gestion des clandestins et que les centres d’accueil débordent.

Mais quelle mouche a donc piqué Matteo Renzi, dont la virilité politique n’a d’égale que celle de François Hollande ? Serait-il devenu un ardent défenseur des causes nationales, enclin à dénoncer les traités supranationaux ? Ou s’agit-il d’une simple opération électoraliste en vue de rallier les souverainistes, sachant son poste à risque à l’approche du prochain référendum qu’il a proposé ? Un référendum portant sur une réforme constitutionnelle qui, sous couvert de réduction du nombre de sénateurs (et donc du coût de la politique), prévoit discrètement une plus grande soumission à l’Union Européenne et aux obligations internationales, sonnant ainsi le glas de la souveraineté italienne.

Force est de constater que sa récente poigne ressemble plus à de la démagogie électoraliste qu’à une quelconque défense des intérêts de la nation.

 Audrey D’Aguanno

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