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vendredi, 25 mars 2016

Jean Bizet (LR): «Sur le fichier PNR, la sécurité des Européens doit l’emporter sur les idéologies»

Les attentats de Bruxelles ont plongé de nouveau l’Europe dans l’horreur. Cette nouvelle tragédie doit renforcer encore notre détermination à lutter contre le terrorisme, en cessant une bonne fois pour toutes les postures et les tergiversations qui font perdre un temps précieux à nos démocraties pour défendre notre liberté et notre modèle de civilisation.

Le dossier du PNR européen est le principal révélateur des errements de l’Union européenne en matière de lutte contre le terrorisme, pris en otage par une poignée de responsables européens qui s’obstinent dans leur idéologie droit de l’hommiste.

La création de ce fichier d’identification, rappelons-le, doit permettre de dresser la liste de toutes les personnes utilisant les transports aériens dans l’espace européen et d’organiser les échanges d’information avec nos partenaires américains. L’utilité du PNR n’est plus à démontrer. En 2009, les Etats-Unis ont réussi à détecter, grâce à ce dispositif, un tiers des terroristes potentiels identifiés. Une majorité d’Etats-membres ont eux aussi élaboré des PNR nationaux mais il est aujourd’hui indispensable de les compléter par un PNR européen permettant de les coordonner entre eux, sous peine de rendre le dispositif inopérant.

Point mort. Or, la directive PNR proposée par la Commission européenne en février 2011 reste au point mort depuis avril 2013. Les négociations ont longtemps buté sur les réticences de la commission Libertés civiles, justice et affaires intérieures du Parlement européen concernant la protection des données personnelles. Les opposants les plus farouches au texte se trouvaient dans les rangs des socialistes français.

Les choses semblaient finalement s’être décantées il y a quelques semaines lorsque le projet avait reçu l’assentiment de la commission LIBE, par 38 voix contre 19 et 2 abstentions. C’était avant qu’une fraction d’élus, issus tant de l’extrême droite que de l’extrême gauche et de quelques autres tendances politiques, vient bloquer l’inscription du texte à l’ordre du jour de la session plénière.

Ces volte-faces à répétition tranchent avec la détermination du Sénat depuis sept ans à vouloir faire aboutir le PNR européen. Le premier sénateur à s’être penché sur la question n’était d’ailleurs autre que Robert Badinter, dont chacun conviendra qu’il n’est pas un adversaire des libertés fondamentales.

Quoi qu’il en soit, la gravité de la situation exige que chacun prenne ses responsabilités. Quand le président de la République nous appelle à l’union nationale, c’est bien, mais s’il pouvait aussi se faire entendre auprès des députés européens de sa famille politique ou de ses alliés politiques, ce serait mieux ! Il est temps de dénoncer les alliances politiques contre-nature qui empêchent l’adoption du PNR européen !

Les Français comprennent bien qu’en matière de terrorisme, le risque zéro n’existe pas. Mais ils ne comprendraient pas que nous nous enfermions dans nos atermoiements et nos débats philosophiques alors que nous sommes en guerre !

Sénateur LR, Jean Bizet est président de la Commission des affaires européenne.

 

Jean Bizet

Source : L'opinion

 

 

 

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