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lundi, 29 août 2016

Après la décision du Conseil d’Etat, Manuel Valls veut continuer à débattre du burkini

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Manuel Valls estime vendredi que la décision du Conseil d’Etat de suspendre un arrêté anti-burkini à Villeneuve-Loubet «n’épuise pas le débat qui s’est ouvert dans notre société» sur cette question.

«C’est un débat de fond, qui vient après d’autres : il y a trente ans, la question du foulard dans les écoles, puis la loi de 2004 sur le port de signes religieux, et celle de 2010 sur le voile intégral dans l’espace public», ajoute le Premier ministre sur sa page Facebook, ajoutant que «rester silencieux, comme par le passé, c’est un petit renoncement. Une démission de plus». Le Conseil d’Etat a mis vendredi un coup d’arrêt aux interdictions du burkini. Dans ce qui est peut-être sa décision la plus attendue des dernières années, la haute cour administrative a rappelé les maires au «respect des libertés garanties par les lois». Il a suspendu l’arrêté de Villeneuve-Loubet (Côte d’Azur) et recadré toutes les municipalités ayant interdit en France le port de ces tenues de bain islamiques.

« C’est dénoncer un islamisme mortifère, rétrograde »

«Cette ordonnance du Conseil d’Etat n’épuise pas le débat qui s’est ouvert dans notre société sur la question du burkini. Ce débat n’est pas anodin», explique Manuel Valls dans cette tribune, intitulée «Assumons le débat sur le burkini». Il avait soutenu en août les maires prenant ces arrêtés et créé ainsi des crispations au sein même de son gouvernement.

«Bien sûr, il ne faut pas être dupe de ceux à droite et à l’extrême droite qui exploitent ce débat pour pointer du doigt les musulmans», met-il en garde. «Mais au-delà, une question fondamentale se pose : dénoncer cette tenue, est-ce stigmatiser les musulmans, ou bien est-ce justement le port de signes prosélytes de cette nature qui est un risque pour tous les musulmans de France, alors assimilés à l’islamisme politique militant ?».

«Je veux répondre clairement : dénoncer le burkini, ce n’est en aucun cas mettre en cause une liberté individuelle. Il n’y a pas de liberté qui enferme les femmes ! C’est dénoncer un islamisme mortifère, rétrograde», fait-il valoir.

Le burkini, un islamisme politique ?

Selon lui, «le burkini n’est pas un signe religieux, c’est l’affirmation dans l’espace public d’un islamisme politique».

«L’Etat est là pour réaffirmer ce qui fait, depuis plus d’un siècle, la condition de notre vie en société : la laïcité», souligne le chef du gouvernement. «Elle n’est pas la négation du fait religieux. Elle n’est pas un instrument pour viser ou exclure une religion en particulier», enchaîne-t-il.

La voix du nord

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