Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 15 novembre 2016

Les Bulgares élisent un président prorusse et anti-immigration

 

 

Roumen Radev, candidat de l'opposition socialiste jugé enclin à favoriser un rapprochement avec Moscou, a remporté dimanche le deuxième tour décisif des élections présidentielles en Bulgarie.

 M. Radev, un ancien commandant en chef des forces aériennes, a obtenu 59,4 % des voix contre 36,2 % pour sa rivale Tsetska Tsatcheva, la présidente du Parlement. Il obtient donc un mandat de cinq ans, qui entre en vigueur dès le 22 janvier. 

À 53 ans, M. Radev, surnommé le « général rouge », est un novice en politique. Il est favorable à une levée des sanctions économiques que l'Union européenne (UE) a imposées à la Russie, dont la Bulgarie dépend largement dans le domaine de l'énergie.
Le nouveau président, sans étiquette, mais soutenu par les partis socialistes, est anti-immigration et prorusse. Selon lui, « la Crimée est de fait russe ».

Mme Tsacheva, la candidate défaite du parti conservateur au pouvoir, Citoyens pour le développement européen en Bulgarie (GERB), voulait, quant à elle, une relation durable et stable avec l'UE. Elle a surtout été critiquée pour son manque de charisme au cours de la campagne électorale.

Le scrutin était également considéré comme un test de popularité pour le premier ministre, Boïko Borissov, également du GERB, dont les efforts en matière de lutte anticorruption et de réforme du secteur public ont été jugés trop lents.

M. Borissov, qui a tenté en vain de former une majorité parlementaire, avait déjà menacé de démissionner si sa candidate ne remportait pas l'élection.

« C'est aux gens de décider : s'ils désirent une crise politique, ils l'auront », a-t-il martelé à Sofia en votant.

En fin de journée, M. Borissov, dont le mandat devait prendre fin en 2018, a annoncé qu'il quitterait son poste.

« Demain ou après-demain, au premier jour ouvrable du parlement, je déposerai ma démission », a-t-il déclaré.

La démission du premier ministre pourrait entraîner des élections législatives hâtives et plonger le pays dans l'incertitude.

Source 

L’islam éjecté de la SNCF

 

 
Après des années de tolérance, le groupe ferroviaire a durci ses positions ces derniers mois. Une dizaine de cheminots fichés S auraient été déplacés.

Religion et entreprise ne font pas nécessairement bon ménage. Lundi 7 novembre, Myriam El Khomri a présenté aux partenaires sociaux le Guide du fait religieux en entreprise. Ce document, d’une trentaine de pages, se veut « la » référence en matière de gestion du fait religieux dans le cadre de l’exercice de ses fonctions. Il doit être mis en ligne sur le site du gouvernement d’ici le 20 novembre afin d’offrir des réponses concrètes aux managers et aux salariés face à ces problématiques.

À la SNCF, la question religieuse divise depuis de nombreuses années. La position de l’entreprise sur la question prête d’ailleurs à confusion. « Il y a une dizaine d’années, à l’approche de la campagne présidentielle de 2007, une politique d’emploi axée sur les banlieues a été développée » explique Rémi Aufrere, secrétaire général adjoint du syndicat CFDT Cheminots. Un manuel de la diversité a été diffusé. Il évoquait la possibilité de faire sa prière dans les locaux de l’entreprise. « On a sombré dans cette mode de prendre les diversités au sens large et adopté une tolérance regrettable », déplore le syndicaliste.
  

Durcissement des positions


Par la suite, la position de la SNCF s’est durcie. En 2015, un guide à l’intention des managers et responsables des ressources humaines est publié. Il traite des « principes de la laïcité et de neutralité au sein du groupe public ferroviaire » et clarifie la position de l’entreprise sur le sujet. « Nous sommes confrontés à une augmentation du fait religieux, bien qu’il n’y ait pas de crispation forte notable, témoigne le directeur du service de presse de la SNCF, Loïc Leuliette. Il est important d’adopter une position stricte. Dans les établissements publics, le principe de laïcité s’applique. Il faut donner les clés aux managers pour qu’ils puissent gérer le problème. »

Pour Rémi Aufrere, le Guide du fait religieux, proposé le 7 novembre, constitue une aide réelle, car « la SNCF n’est pas hermétique à la société et il n’est pas facile quand on est manager de proximité de s’armer pour répondre “non” à une demande, en raison de la laïcité ». S’agissant de l’exercice du culte en entreprise, la CFDT considère qu’il est « hors de question » de mettre à disposition des salles de prière pour les salariés. « Depuis deux,trois ans, nous faisons face à certains de nos collègues qui se radicalisent, et ce n’est pas acceptable. Une dizaine de cheminots fichés S ont été déplacés », confie-t-il.

Le syndicat prône l’application totale et inconditionnelle du principe de laïcité et de neutralité. « Nous sommes opposés à toute démonstration de prosélytisme, renchérit le secrétaire général adjoint. Ce qui inclut les kippas, les foulards, tous les signes religieux ostentatoires. Nous considérons que la liberté religieuse n’est pas supérieure à la liberté politique. On ne peut pas accepter qu’un salarié fasse sa prière pendant le temps de pause, et refuser qu’un autre soutienne ostensiblement un parti politique ». Il reproche, par ailleurs à d’autres syndicats, comme le syndicat Sud Rail d’encourager le communautarisme en « acceptant l’adhésion collective de groupes de personnes issues de l’immigration ».


Sud Rail et la stricte laïcité


Sud Rail rejette ces accusations. « L’allégation selon laquelle nous ferions des adhésions de groupe est fausse. Nous accueillons les personnes de tous sexes, de toutes origines et de tous âges. » Le syndicat revendique son attachement à une laïcité stricte. Mais il considère que la question religieuse n’est que marginale au sein de la SNCF. Il ne trouve donc aucune utilité au nouveau guide.

Source 

Police : la colère s’étend

 

 Sous les cendres toujours fumantes de la grogne des policiers nationaux est en train de sourdre celle des policiers municipaux et des agents de sécurité privés. Moins spectaculaires parce que moins nombreux, moins visibles et surtout moins influents, ces acteurs de la sécurité intérieure n’en considèrent pas moins qu’ils sont les grands oubliés des mesures qui ont été prises pour améliorer, a minima et à crédit, les conditions statutaires et de travail des policiers et des gendarmes. Ainsi, depuis le début du mois de novembre, plusieurs syndicats des branches privées de la sécurité ont-ils appelé leurs adhérents à des mouvements de grève. Dans un contexte où ils sont, eux aussi, particulièrement sollicités, ils demandent, à leur tour, des augmentations de salaire ainsi que l’amélioration des conditions d’exercice de leurs missions.

Ce malaise qui ronge l’ensemble des acteurs de la sécurité, qu’ils soient agents de l’État, des collectivités territoriales ou du secteur privé, montre une fois encore combien c’est d’une véritable refondation qu’a besoin ce domaine régalien qu’est celui de la sécurité intérieure en France.

C’est par un autre biais que le think tank Terra Nova, proche du Parti socialiste, aborde cette problématique. Le titre de son dernier rapport, « Police-population : comment rétablir durablement la confiance ? », part en effet du constat que les relations entre la police et la population française ne seraient pas vraiment bonnes, et qu’il conviendrait, pour améliorer la situation et relégitimer l’action des forces de l’ordre, d’aller vers une police « généraliste, territoriale et de contact »

On ne peut s’empêcher, à la lecture de ces propositions, de voir resurgir la fameuse police de proximité chère aux gouvernements socialistes qui se sont succédé ces dernières années, et qui cherchèrent à imposer une pratique policière, le plus souvent en parfait décalage avec les réalités du terrain.
 Mais, tout d’abord, ne convient-il pas de s’interroger sur le constat de Terra Nova selon lequel les relations police-population seraient mauvaises ? Les derniers sondages de popularité de la police en France faisaient apparaître des scores (entre 92 et 94 %) à faire pâlir d’envie n’importe quel homme politique. Par ailleurs, même en dehors de périodes exceptionnelles, telles que nous en vivons actuellement, ces indices de popularité se sont toujours situés aux alentours de 70 %. La question de la confiance n’est-elle donc pas à poser au système politique en place, et à celles et ceux qui le font fonctionner, plus qu’aux services de police et de gendarmerie qui agissent sur ordre ?

En réalité, c’est bien de la légitimité de ceux qui gouvernent qu’il est question. Dans leur immense majorité, les policiers et la population sont d’accord sur les remèdes qu’il conviendrait d’apporter. Reconquérir les territoires perdus de la République, sanctionner efficacement et effectivement les criminels, réinstaurer l’autorité de l’État dans tous les secteurs de la vie publique et sociale, doter notre pays de tous les moyens juridiques indispensables afin de donner aux juges et aux forces de l’ordre les moyens de leurs missions. Voilà quelles sont les priorités aujourd’hui. Pour la police de proximité, revue et corrigée par Terra Nova, attendons que la paix publique soit enfin rétablie, que le terrorisme et la criminalité soient éradiqués et que tous nos quartiers aient réintégré le giron de la République.